đź’” Suisse & UE : l’histoire d’amour impossible
Ou : Comment rester célibataire tout en profitant des applis de rencontre
Vous connaissez ces couples qui ne se marient jamais mais qui restent ensemble pendant 30 ans ? Eh bien, la Suisse et l’Union EuropĂ©enne, c’est exactement ça. Sauf que la Suisse, c’est cette personne qui refuse mĂŞme de mettre « en couple » sur Facebook.
On pourrait croire que c’est une question d’argent. Et… en fait oui, c’est une question d’argent. Quand vous gagnez trois fois plus que votre partenaire potentiel, vous Ă©vitez soigneusement de parler du compte commun. La Suisse, c’est un peu comme ce riche hĂ©ritier qui continue de prendre un cafĂ© avec ses amis du lycĂ©e, mais qui Ă©vite soigneusement de les inviter dans son penthouse avec vue sur le lac.
D’ailleurs, parlons-en de l’argent. La Suisse, c’est ce pays qui a rĂ©ussi Ă transformer le secret bancaire en art national, juste après le chocolat et avant le fromage qui fait des trous. Rejoindre l’UE ? Autant demander Ă un magicien de rĂ©vĂ©ler ses secrets en plein spectacle.
Et puis il y a cette histoire de dĂ©mocratie directe. Les Suisses votent pour tout. TOUT. Vous voulez changer la couleur des panneaux de signalisation ? RĂ©fĂ©rendum. Modifier la recette du chocolat chaud ? RĂ©fĂ©rendum. C’est un peu comme si avant chaque dĂ©cision dans votre couple, vous deviez demander l’avis de vos beaux-parents, de vos voisins, et du facteur.
Mais le plus fort dans cette histoire, c’est que la Suisse a rĂ©ussi Ă obtenir le meilleur des deux mondes. Elle a des accords bilatĂ©raux avec l’UE qui lui permettent de faire du business, comme ce pote qui ne veut pas s’abonner Ă Netflix mais qui connaĂ®t tous les mots de passe de ses amis.
En fait, la Suisse a peut-ĂŞtre compris quelque chose que les autres n’ont pas vu : parfois, la meilleure façon de profiter d’une relation, c’est de ne jamais s’engager officiellement. Une stratĂ©gie qui fait grincer des dents Ă Bruxelles, mais qui fait sourire les banquiers de Zurich.
Et pendant que l’UE continue d’espĂ©rer un engagement plus sĂ©rieux, la Suisse reste lĂ , neutre comme toujours, Ă compter ses francs et Ă peaufiner sa technique du « non mais c’est pas toi, c’est moi… et mes 8,7 millions d’habitants qui votent sur tout ».
Bonne semaine !
M. Hantale


- 🇨đź‡Â Politique – Franziska Biner devient la deuxième femme de l’histoire au gouvernement valaisan, dans une Ă©lection marquĂ©e par une participation historiquement basse.
- 🇨đź‡Â Politique – L’UDC rĂ©clame la dĂ©mission de CĂ©dric Wermuth après son message insultant envers Donald Trump, jugĂ© indigne d’un Ă©lu.
- 🇨đź‡Â Finance – En pleine pression rĂ©glementaire, UBS ouvre son siège Ă Zurich pour une expo mettant en valeur son apport au dĂ©veloppement suisse.
- 🇨đź‡Â DĂ©fense – Le budget de l’armĂ©e provoque des tensions au sein du gouvernement, et une enquĂŞte vise l’ex-chef de l’armĂ©e après une fuite.
- 🇨đź‡Â Transport – Les CFF intĂ©ressĂ©s par la ligne Genève-Lyon, mais une reprise Ă court terme est jugĂ©e irrĂ©alisable. Des amĂ©liorations sont nĂ©anmoins attendues.
- 🇨đź‡Â SantĂ© – L’OFSP subit une coupe budgĂ©taire inĂ©dite de 11M CHF dès 2026, supprimant des postes et rĂ©duisant plusieurs programmes.
- 🇫🇷 Transports – Une voie spĂ©ciale pour le covoiturage et les bus entre en service sur le pĂ©riphĂ©rique parisien, avec un contrĂ´le automatisĂ© des infractions.
- 🇪🇺 Économie – La prudence domine Ă la BCE : une nouvelle baisse des taux est attendue, mais les faucons freinent l’idĂ©e d’un cycle prolongĂ©.
- 🇪🇺 DĂ©fense – Ursula von der Leyen appelle Ă un rĂ©armement urgent de l’Europe, avec un plan dĂ©voilĂ© lors du sommet du 6 mars.
- 🇪🇺 Diplomatie – Le Royaume-Uni et la France proposent un cessez-le-feu en Ukraine, mais l’engagement amĂ©ricain reste incertain après l’altercation entre Zelensky et Trump qui tend les relations avec Washington, mais renforce l’unitĂ© en Ukraine.
- 🇮🇱 Conflit – L’aide humanitaire pour Gaza est suspendue, IsraĂ«l et le Hamas s’accusant mutuellement de faire capoter la trĂŞve.

Le Livret A, ce coup de frein à l’épargne
Une baisse, et pas des moindres : le taux du Livret A passera de 3 % à 2,4 % dès le 1ᵉʳ février. Si cette réduction est conforme aux calculs réglementaires, elle risque de faire grincer des dents. Car pour des millions de Français, ce livret n’est pas juste un produit financier : c’est une sorte de tirelire nationale, un rempart contre l’incertitude.
Officiellement, cette baisse « protège l’épargne des Français » grâce à l’inflation qui ralentit. En réalité, elle protège surtout la Caisse des dépôts et les banques, grandes bénéficiaires du Livret A. Avec ce coup de frein sur la rémunération, elles souffleront un peu, surtout dans un contexte où les fonds servent à financer le logement social, priorité affichée du gouvernement. Mais à quel prix pour les épargnants ?
Malgré ses avantages historiques, le Livret A montre ses limites. À 2,4 %, le rendement est à peine supérieur à l’inflation et loin de compenser la perte de pouvoir d’achat. Les ménages, déjà échaudés par les hausses de prix, risquent de lever le pied sur leur épargne. Et comme l’explique Philippe Crevel, économiste, la confiance dans l’économie pèse souvent plus lourd que le taux d’un livret pour inciter à consommer. Or, cette confiance n’est pas franchement au rendez-vous.
Pendant ce temps, en Suisse, l’approche de l’épargne se veut plus pragmatique et moins soumise aux aléas politiques. Là -bas, on privilégie des placements flexibles et fiscalement optimisés, où chaque franc investi rapporte vraiment quelque chose. Une différence qui donne matière à réfléchir pour qui souhaite protéger son patrimoine sur le long terme.
Pour les Français aux revenus plus modestes, le Livret d’épargne populaire (LEP) reste une option plus intéressante, avec un taux de 3,5 %. Mais là encore, seulement 11,8 millions de personnes y ont accès, bien en deçà des 19 millions éligibles. Les banques, pas toujours motivées à promouvoir ce produit, n’aident pas à changer la donne.
Alors, le Livret A reste-t-il un choix judicieux ? Pour certains, c’est avant tout une question de loyauté envers un produit qui a marqué des générations. Mais d’autres pourraient bien finir par chercher des alternatives ailleurs, là où leur épargne est traitée avec un peu plus d’égards. En janvier dernier, la collecte du Livret A a été la plus faible depuis 2016. Le début d’une nouvelle ère de l’épargne ?